Vous êtes ici : Accueil  > Les Maritimes  > Textes

La caravane de Pâques

Roger Vercel

La caravane de Pâques

Préface de Simone Vercel & illustrations de Benoît Colnot

C’était au temps où dans le port de Cancale se serraient des dizaines de bisquines, ces voiliers de pêche gréés à trois mâts, avec des empilements de huniers qui leur donnait une surface de voile colossale. Cette année-là, le dernier jour autorisé pour le drapage des huîtres sauvages tomba le dimanche de Pâques. Les patrons pêcheurs n’écoutèrent pas leurs épouses qui tenaient à respecter « le jour du Seigneur ». Et la marée fut bonne, excellente même. La Yande, une maîtresse femme du quartier de La houle, les avait prévenus : un jour il faudrait payer… Quelques mois plus tard en effet, une épidémie ruina tous les parcs à huîtres. Etait-ce la fin de Cancale et de ses bisquines ?


Avec ce roman bien documenté et remarquablement illustré par Benoît Colnot, Roger Vercel décrit une société en mutation dans les années 1920. En ces premières années du troisième millénaire, il prend une singulière crédibilité. Peut-être le lecteur y trouvera-t-il même des leçons à en tirer ? Né le 8 janvier 1894 au Mans (Sarthe), Roger Vercel achève des études de lettres classiques à Caen lorsque survient la Première guerre mondiale. Mobilisé, il combat d'abord en France, puis dans l'armée d'Orient où il exerce les fonctions de commissaire rapporteur au Conseil de Guerre. Et après l'armistice, il participe à des missions militaires et diplomatiques en Europe centrale et orientale. Enfin de retour à la vie civile, il est nommé professeur à Dinan, dans les Côtes-d'Armor. Il se marie et fonde une famille : les Vercel auront cinq enfants. Si Roger Vercel se montre un enseignant passionné et particulièrement pédagogue, il ressent aussi une furieuse envie d’écrire. À Saint-Malo tout proche, il découvre le milieu des capitaines au long cours et des terre-neuvas : ces hommes fascinants lui inspireront la majeure partie de son œuvre. Toutefois, ce sont des souvenirs de guerre, et plus particulièrement son épopée en Europe orientale, qui inspirent ses premiers romans. En 1930 paraît ainsi Notre Père Trajan. Par la suite, Capitaine Conan (prix Goncourt 1934) puis Léna (1936) sont aussi inspirés par son expérience du front. Mais le monde de la grande-pêche séduit littéralement le professeur de lettres dinanais, qui en tire successivement deux romans puissants. C'est d'abord En dérive (1931), qui embarque le lecteur avec les morutiers de Terre-Neuve à l’époque de la voile et des doris. Puis avec Au large de l'Éden (1932), il met le cap sur le Groenland à bord d’un grand chalutier. En 1935 Remorques évoque le capitaine du remorqueur de haute mer Iroise, à l’époque célèbre pour ses multiples sauvetages. Ce roman sera par la suite adapté au cinéma sous le même titre, avec pour acteurs principaux Jean Gabin et Michèle Morgan. Ayant quitté l’enseignement pour se consacrer entièrement à l’écriture, Roger Vercel réussit à produire pour ainsi dire un roman par an, avec une qualité constante qui lui assure la fidélité du public. En 1937, Sous le pied de l'Archange est une magnifique évocation du Mont-Saint-Michel, de ses guides et du pittoresque petit peuple de la baie. En 1938, Vercel trace le portrait des explorateurs polaires dans À l'assaut des Pôles : il y évoque notamment le naufrage du Pourquoi Pas (1936), navire du commandant Charcot qu'il connaissait bien, puisque Saint-Malo était son port d'attache. En 1939, Jean Villemeur évoque la pêche au large des côtes islandaises à bord d'un chalutier ultramoderne. C’est seulement après la période de guerre et d’occupation que Vercel propose de nouveaux romans maritimes. La Caravane de Pâques (1948) évoque Cancale à la grande époque des bisquines et des huîtres


25.00 €


Broché - 150 x 210mm (lxh) - ISBN : 978-2-35593-056-0
Distribué par Sodis
Date de parution : 19/08/2010

Conception et réalisation : différentpareil Moteur e-commerce : Thélia